Les fractures de l’humérus proximal sont très fréquentes. Il s’agit de la 3e fracture la plus fréquente chez les patients ≥ 65 ans. Ce type de fracture est plus fréquent chez les femmes, car elles sont plus sujettes à l’ostéoporose.
La fracture peut être associé à une luxation de l’articulation glénohumérale et plus rarement à une lésion neurologique du nerf axillaire (lésion par traction lié à la luxation).
Le diagnostic se fait sur la base de radiographies. Dans le cas où il est difficile d’évaluer avec précision le degré de déplacement des différents fragments de la fracture, un scanner peut être nécessaire. Néanmoins, il n’est pas systématiquement recommandé.
Dans la plupart des cas, le traitement est conservateur avec 4-6 semaines de gilet orthopédique (selon le type de fracture) et de la physiothérapie progressive. Dans un premier temps, la physiothérapie permet la récupération de la mobilité. Ce n’est que dans un 2e temps que le renforcement musculaire est instauré.
La consolidation osseuse (guérison de la fracture) prend 3 mois. Il est donc indiqué de ne pas porter de charge durant cette période.
Dans le cas d’importants déplacements, un traitement chirurgical est indiqué. Le type de chirurgie dépend du type de fracture, de l’âge du patient et de la qualité osseuse. Lors que la qualité osseuse est suffisante, une fixation de la fracture (appelée ostéosynthèse) par clou centromédullaire ou plaque est indiquée (l’implant étant choisi selon le type de fracture). Lors d’ostéoporose avancée, une prothèse totale d’épaule type inversée peut être indiquée.
Les complications, que le traitement soit conservateur ou chirurgical sont: la raideur articulaire (qui est systématiquement transitoire au début de traitement. Toutefois, la mobilité de l’épaule ne peut pas toujours être retrouvée à 100% et une légère perte de mobilité peut persister), le cal vicieux (cela signifie que la fracture est consolidée mais avec une déformation par rapport à l’anatomie normale de l’épaule), la non-consolidation de la fracture (appelée aussi pseudarthrose).
En cas de chirurgie, les risques supplémentaires sont : l’infection ; et dans les cas de chirurgies type ostéosynthèse, la gêne du matériel (qui peut être enlevé à 1.5 ans de la chirurgie, mais uniquement en cas de gêne importante) et la nécrose avasculaire de la tête humérale (en cas de déplacement très important de la fracture, les vaisseaux sanguins de l’os peuvent être lésés et causer des séquelles malgré la fixation de la fracture). En cas de nécrose avasculaire, une surveillance radiologique est nécessaire durant 2 ans postopératoire et peut nécessiter une ablation du matériel d’ostéosynthèse. Dans les cas les plus sévères, une prothèse est nécessaire en 2e temps.